lundi 2 octobre 2017

Pourquoi a-t-on créé Boucau en 1857 (fin)

Le Préfet des Basses Pyrénées dans son arrêté du 18/9/1857 arrête :
Article 1er
A partir du trente septembre courant la nouvelle commune de Boucau relèvera de l’administration du département des Basses Pyrénées. En conséquence M le Sous-Préfet de l’arrondissement de Bayonne et M le Maire de Boucau prendrons ce même jour possession directe chacun pour ce qui le concerne, des services administratifs de la nouvelle commune, à l’exception pourtant des services de l’état civil et de la police dont M le Maire de Boucau est en possession depuis le 15 de ce mois
….
Article 3
Le Conseil Municipal de l’ancienne commune de Tarnos est et demeure dissout.

Les registres d’état civil sont en possession du nouveau Maire de Boucau depuis le 15/9/1857. Le 16 septembre à 10 heures du matin, est enregistré le premier décès qui survient au Petit Arey, il s’agit de Catherine Forcets âgée de 42 ans, fille de Etienne et de Catherine Bats, épouse de Jean Destribats qui est décédé à 1 heure du matin.
La première naissance est enregistrée le 30 septembre à dix heures du matin. Il s’agit de Joséphine Novion, née le 28/9 à 11 heures du soir, dans la maison Joanichon, fille de Jean Novion, boulanger et de Marthe Dicharry
La première union est célébrée le 5 octobre par Jean Baptiste Novion (adjoint). Il unit Michel Larroudé, natif de Saint Martin, mais vivant à Boucau et Cécile Tronca, née à Tarnos.

La première réunion du Conseil Municipal a lieu le 11 novembre 1857, a quatre heures de l’après-midi, elle a été prescrite par l’arrêté de Monsieur le Préfet en date du 3 novembre. Elle a pour but d’installer les membres de la commission municipale.
Ces membres sont en plus de Pierre Lacouture, Maire, Eugène Bourgeois, 46 ans pilote major, Pierre Castillon, 50 ans, meunier, Joseph Destremaut, 50 ans, laboureur, Jacques Dibos, 60 ans, laboureur, Charles Lalanne, 34 ans, meunier, Jean Baptiste Pambrun, 29 ans laboureur, Jean-Pierre Elysée Rives 71 ans, rentier.
Les membres de la commission acceptent leur charge et font la déclaration suivante :
« Je jure fidélité à la Constitution et fidélité à l’Empereur »

Voici les biographies succinctes des membres de la commission

Pierre Lacouture :
(Entrepreneur de Travaux Publics)
Il vient d’être nommé Maire de Boucau par le Préfet. Il est né à Tarnos le 31 décembre 1787, il est le fils de Jean Lacouture et de Marie Duboy.
Le 2 octobre 1810 il épouse à Tarnos Marie Lallemand.
Il est décédé au Boucau, maison Cantine le 5 septembre 1874. Monsieur Laborde lui succède comme maire.
Entrepreneur de travaux publics, il achète nombre de propriétés dans le quartier de Boucau : la Cantine, Moutic, Tirette et la propriété de Junca (dans laquelle seront construits tous les bâtiments communaux)
Il est élu municipal dès le 14/3/1822, sa carrière politique prendra fin avec son décès. En 1846 il est nommé maire de Tarnos, le 14/9/1857, maire de Boucau.

Eugène Bourgeois

(Pilote Major de la Barre de Bayonne)
Louis Eugène Napoléon Bourgeois est né à Tarnos le 2 novembre 1811. Il est le fils de Jean Bourgeois, pilote major de la Barre et de Henriette Eulalie Geindreau. Le 13 octobre 1839 il épouse à Tarnos Anne Gras. Il est décédé à Boucau le 12/4/1880.
Il sera le premier commandant du remorqueur à vapeur Adour n°1. Il sera ensuite Pilote Major au décès de son père en 1847.
Il est élu au CM de Tarnos en 1852.

Pierre Castillon
(Meunier)
Pierre Castillon est meunier au moulin d’Huréous. Il est né à Tarnos le 4 novembre 1806. Il est le fils de Pierre Castillon et de Marie Darrigues. Le 25 avril 1837, il épouse à Tarnos Françoise Labeylie. Il est mort à Boucau, moulin d’Hureous, le 29/11/1887.
Il est élu au CM en 1837, 1840, 1846, 1848, 1852, 1855. Il sera également élu en 1878 et en 1884.

Jacques Dibos
(Propriétaire cultivateur)
Jacques Dibos est laboureur. Il est né à Tarnos le 11/3/1796. Il est le fils de Dominique Dibos et de Marie Bouheben. Le 25 juin 1817 il épouse à Tarnos Catherine Laporte. Jacques Dibos est décédé le 9 décembre 1882, à l’âge de 86 ans, dans la maison Leporte.
Elu en 1846, réélu en 1848, 1852, 1855.

Charles Lalanne
(Meunier)
Charles Lalanne est le meunier d’Esbouc. Il est né le 15 juillet 1823 à Tarnos. Il est le fils de Salvat Lalanne et de Jeanne Darrieu. Il s’est marié avec Jeanne Marie Gassiot.
Il est décédé à Arsague où il possède des biens.
Elu en 1848, 1852 et 1855. Il sera élu en 1878.

Joseph Destremaut
(Propriétaire cultivateur)
Joseph Destremaut est né à Tarnos le 14 novembre 1807. Il est le fils de Jean Destremaut et de Marie Gassané. Il a épousé à Tarnos le 27 janvier 1837 Jeanne Campozet, de la ferme de Pachiou. Il est décédé dans sa maison de Lassus le 12 mars 1869.
Elu en 1852 et 1855.

Jean-Baptiste Pambrun
(Propriétaire cultivateur)
Jean-Baptiste Pambrun est né à Tarnos le 10 août 1828. Il est le fils de Bertrand Pambrun et de Marguerite Hirigoyen, l’héritière de la ferme Barroumes. Jean Baptiste Pambrun épouse à Tarnos le 27 novembre 1855 Marie Novion. Il est décédé à Boucau le 5 décembre 1892.
C’est le seul à ne pas être élu quand il est nommé en 1857.
Par la suite il sera élu en 1860, 1865, 1874, 1878, 1881, 1884, 1888 et 1892.

Jean-Pierre Rives
(Rentier)
Jean-Pierre Rives est né à Mazamet le 14 août 1786. Il est le fils de Jean Elysée Rives et de Marie Marthe Austry. Le 22 juin 1808, il épouse à Mazamet Charlotte Elisabeth Benoit, il n’y aura pas de descendance de cette union. Négociant, il exploite à Bayonne depuis les années 1820 une maison de commerce qui a des succursales à Paris et en Belgique. Il est décédé à Boucau le 17/4/1861.
Le 15 avril 1824 il achète à Tarnos, quartier du Boucau, à Jean Laurent Singher (pâtissier) une propriété connue sous le nom de Laclau, pour la somme de 12000 francs.
Le 9 avril 1841, il achète à Charles Daramy, la propriété de Grazincau d’une superficie de 10ha 13a 95 ca. Cette propriété jouxte celle de Laclau.
Le 3 juin 1841, il adopte Zélie Singher qui est l’épouse de Jean Antoine Numa Guilhou et la mère d’Ernest Guilhou.
Elu en 1852, 1855 et 1860

La nouvelle commune ne possède rien. Les réunions du Conseil Municipal se tiennent chez le Maire, maison Cantine. C’est lui qui détient également tous les documents administratifs. Il n’existe que l’école, située à Lahillade (La Gargale) avec un instituteur, Monsieur Destrac.
Il n’y a pas d’église, le culte va être célébré dans la chapelle privée de Monsieur Laborde (maison Bel Air) à partir du mois d’août 1858.

La commune nouvellement créée n’aura de cesse de réclamer un débouché maritime. Elle le fait une première fois en février 1866. Le Ministre de l’Intérieur conclut ainsi cette affaire en écrivant au Préfet des Landes.

« Vous me faites remarquer à cette occasion que la commune de Boucau n’était naguère qu’une section de la commune de Tarnos et que lorsque cette section fut enlevée à Tarnos pour passer dans le département des Basses-Pyrénées, on étudia avec soin la délimitation …
En conséquence il ne nous paraît pas nécessaire aujourd’hui de recommencer une étude qui a été aussi approfondie et dont le résultat serait un nouvel amaigrissement de la commune de Tarnos. »

En 1877 la commune de Boucau demande à nouveau son extension vers la mer. La réponse du ministre est laconique.

« J’ai décidé qu’il ne serait pas, quant à présent, nécessaire de donner suite à ce projet »

Les choses restent en l’état jusqu’en 1912, où il existe un projet de réunion de Tarnos aux BP.
En 1931, c’est la direction des Forges qui demande, pour des raisons de maintien de l’ordre à ce que le territoire de l’usine ainsi que des quartiers qui l’entourent soient réunis à la commune de Boucau. Le Préfet demande au commissaire spécial chargé de la sécurité à Bayonne de lui fournir une réponse sur l’opportunité du projet.

« …l’apport d’un contingent important d’électeurs communistes dans une circonscription déjà agitée par le centre de Boucau, mécontenterait les diverses personnalités politiques de l’arrondissement de Bayonne …
Il est de plus à craindre que les ressources budgétaires de Boucau augmentant, ne favorisent la propagande extrémiste par les divers secours à attribuer aux groupements communistes, secours refusés ou diminués jusqu’à ce jour par l’autorité préfectorale… »

Une dernière tentative a lieu en 1941, elle concerne les quartiers de la Cité des Forges, de l’avenue Jean Jaurès et de la rue de Lille. La municipalité de Tarnos n’est pas d’accord, et elle propose le rattachement entier de Tarnos aux BP.

Un événement va sortir Boucau de sa léthargie et insuffler un nouveau souffle à la ville, l’arrivée des Forges de l’Adour en 1881. Mais ceci est une autre histoire.

Jean-Pierre CAZAUX

Vendredi 15 septembre 2017

Pourquoi a-t-on créé Boucau (suite)

Avis du Conseil Général des Landes

Le Conseil Général des Landes est amené à donner son avis dans sa séance du 28 avril 1856.
Le Président Charles Corta  (il sera Président du Conseil Général des Landes de 1853 à 1860)


Charles CORTA

réunit une commission composée des membres suivants : Jean-Marie Darracq, avocat, conseiller général du canton de Dax (1852-1860) ; Alexandre Devert, notaire, conseiller général du canton de Saint Vincent de Tyrosse (1836-1870) ; Louis Alexandre baron de Behr, rentier, conseiller général de Montfort en Chalosse (1852-1876) ; Augustin Darricau, avocat, conseiller général du canton de Soustons (1852-1882) ; Charles Docteur, rentier, maire de St Esprit (1848-1852), conseiller général du canton de Saint-Esprit (1842-1857) et Henri Jumel, avoué, conseiller général du canton d’Arjuzanx (1855-1870).
Les arguments de Bayonne qui sont principalement d’ordre judiciaire, les actions de police de Bayonne doivent s’étendre à Saint Esprit et d’ordre militaire la Citadelle est à Saint Esprit alors que l’autorité militaire est à Bayonne, sont balayés.
Du point de vue judiciaire un décret du mois de juillet 1855 ayant étendu la juridiction du commissaire de police de Bayonne au canton de Saint Esprit
Du point de vue militaire la ville de Saint Esprit appartient à la même subdivision militaire que Bayonne.
Le Conseil Général creuse un peu plus et découvre les véritables raisons de cette demande de rattachement et de réunion.
Il s’agit du chemin de fer
« C’est en effet depuis l’établissement de la gare de cette ville que le projet a pris naissance.
Lorsqu’on c’est aperçu que la Compagnie du Midi, par suite du défaut d’espace et pour satisfaire les convenances des caboteurs, établirait au Boucau le principal lieu d’entrepôt des marchandises, on s’est empressé d’ajouter à la demande primitive cette lisière à prendre dans la commune de Tarnos et qui comprend aussi la gare de Boucau susceptible d’acquérir une importance qu’on n’avait pas imaginé d’abord.
Les gares de Boucau et de Saint Esprit sont, aux yeux de tous, le principal et seul objet, peut-être d’une convoitise qu’on n’avait pas, mais qu’on fait naitre et entretenir les journaux de Bayonne. »

La conclusion du rapporteur du Conseil général, qui est bien sûr contre le projet
« Je ne m’explique pas autant que par le désir de posséder la gare de Boucau, la prétention de s’emparer des deux quartiers dont il s’agit. Que ferait-on d’ailleurs de ce territoire ? Une commune ? Mais pourquoi démembrer une belle communauté qui a tout ce qui est nécessaire à son administration pour en former une autre de 1400 habitants, sans église, sans édifice communaux, sans revenus ? »

Le vote de la loi

Malgré tous ces avis défavorables, la décision reste au Corps Législatif, il s’agit de notre Chambre des Députés. Mais il n’a pas beaucoup de pouvoirs. Son président est nommé par l’Empereur, seul l’Empereur peut la dissoudre, il le fait d’ailleurs en 1857. L’Assemblée discute et vote les projets de loi, c’est l’Empereur qui a l’initiative des Lois et les promulgue.
Un détail : la tribune a été supprimée, ainsi les députés parlent depuis leurs sièges. Les ministres ne sont pas responsables devant le corps législatif, qui ne les choisit pas et dont ils ne sont pas membres.
La session de 1857 commence le 16 février pour se terminer le 28 mai. Le corps législatif sera ensuite dissout et il y a des élections législatives les 21 et 22 juin.

Les deux députés des Landes sont François de Marrast, né à Bayonne en 1799, mort à St Sever en 1880. C’est un ardent défenseur de l’Empire qui reste député jusqu’en 1863, son successeur est Louis Adhémar de Guilloutet.
L’autre député est Charles Eustache Corta (qui est Président du Conseil Général on vient d’en parler). Il est né à Bayonne, avocat au barreau de Dax, il est nommé Sous-Préfet de cette ville en 1842. Il adhère au parti bonapartiste et rentre au Conseil Général. Il est élu député des Landes le 29/2/1852. Chargé d’une mission au Mexique par Napoléon III en 1863, il est nommé à son retour sénateur. Il meurt à Angoumé le 14/6/1870.

Le 20/4/1857 la commission chargée de la réunion de Saint Esprit à Bayonne et de la création de la commune de Boucau, est constituée. Elle comprend en plus des deux députés Landais, Raymond-Henri Noubel député du Lot et Garonne, (1852-1870) ; Justin Durand député des Pyrénées Orientales, (1852-1870) ; Charles Henri Roulleaux-Dugage, député de l’Hérault, (1852-1870) ; Pierre dit Paul-Auguste Roques-Salvaza député de l’Aude (1852-1870) et Jacques Edouard Reveil, maire de Lyon et député du Rhône (1852-1863).
Le président de la commission est M Réveil et son secrétaire est M Noubel, le rapporteur est Charles Henri Roulleaux-Dugage. La commission va se réunir plusieurs fois : les 20, 24, 25, 30 avril  et le 4 mai 1857.
Le Corps Législatif sous la présidence d’Eugène Schneider (industriel et fondateur de la dynastie Schneider 1805-1876) se réunit pour délibérer dans sa séance du 9 mai 1857

Charles Corta intervient pour contester le projet qui selon lui
-                     Dépouille le plus pauvre pour favoriser le plus riche
-                     Retranche au département sa ville la plus importante et la moitié d’une commune qui a aussi une certaine importance
-                     Supprime une ligne séparatrice naturelle : le fleuve pour la remplacer par une ligne tracée au milieu des terres
-                     Enlève au département des Landes deux gares de chemin de fer
-                     Retire au département la moitié du port de mer et le port de terre en entier
-                     Il termine en disant de quelle manière il lui semble que l’on aurait pu créer un département nouveau, si la nécessité d’un remaniement territorial avait été reconnue, et il dit que ce département aurait dû avoir Bayonne pour chef lieu.

Charles Henri Roulleaux-Dugage rapporteur intervient à son tour


Charles Henri Roulleaux-Dugage

-                     La commission a consacré à l’étude de ce projet 5 ou 6 séances et les deux députés                   des Landes, qui étaient au nombre de ses membres, ont disputé le terrain pied à pied.
-                     La ville de Bayonne et celle de Saint Esprit sont une seule et même ville partagée par   l’Adour.
-                     Le port de Bayonne comprend les deux rives de l’Adour, les Chantiers, les magasins  de cette ville, sont pour la plupart dans la ville de Saint esprit. La commune de Saint   Esprit ne peut que gagner à être dans celle de Bayonne.
-                  Le rapporteur s’attache à prouver que la commune de Tarnos ne sera pas lésée davantage par suite de la création de la ville de Boucau, qui aura pour résultat de mettre les deux rives de l’Adour dans la même circonscription territoriale et administrative.
Le rapporteur donne un avis favorable à la loi.

Le corps législatif adopte par assis et levé les quatre articles dont se compose le projet de loi.

L’ensemble du projet est ensuite adopté au scrutin, à la majorité de 22 suffrages contre 7 sur 229 votants.


(à suivre)

Pourquoi a-t-on créé Boucau en 1857 (suite)

Génèse de création :

Les Boucalais réclament une église

On peut se poser la question tous ces notables, n’ont-ils pas eu envie de faire sécession et de créer une entité différente de Tarnos ? Les quartiers de Boucau et de Romatet représentent 1500 habitants, soit presque la moitié de la population tarnosienne. C’est le quartier du Boucau qui est le plus dynamique.
Au conseil municipal de Tarnos aux élections du 4/9/1852 sur 21 élus les quartiers de Boucau et de Romatet ont 10 conseillers. Le maire de Tarnos est le Boucalais Pierre Lacouture.
En 1852 les habitants du quartier de Boucau participent à une souscription ayant pour but la construction d’une chapelle qui les dispenserait de faire un long trajet pour remplir leurs devoirs religieux. C’est Arnaud Lacouture, commandant du remorqueur qui est à l’origine du projet (il s’agit du frère de Pierre Lacouture). Le 17/10/1852 les souscripteurs sont assez nombreux et ils forment une commission chargée du projet (membres : Arnaud Lacouture, Pierre Lacouture, maire de Tarnos, Eugène Bourgeois et Pierre Lalanne (à part Arnaud Lacouture, ils sont tous membres du CM).
En Juillet 1854, 40 pétitionnaires du Boucau adressent à l’évêque d’Aire, François Lanneluc une demande pour créer à Boucau une chapelle succursale, l’évêque transmet la demande au Préfet des Landes, Alfred Frachon, le 26/7/1854. Celui-ci, après instruction par le sous-préfet de Dax, émet un avis défavorable, au motif que grand nombre de personnes étrangères à la section de Boucau ont signé la pétition et que les habitants de Boucau ont réuni les fonds pour faire une chapelle de secours.
Une chapelle de secours, donc, dépendante du curé de Tarnos, oui, mais une chapelle succursale (indépendante du curé de Tarnos) non.
On voit peut-être déjà ici une volonté d’indépendance de certains Boucalais.

Alors pourquoi cette création ?

Dès 1854 à l’occasion d’un voyage de Sa Majesté l’Empereur à Biarritz, une délégation du Conseil Municipal de Bayonne et de la Chambre de Commerce lui présente une demande tendant à la réunion à cette ville de la commune de Saint Esprit. Le 26 juillet de la même année Napoléon III visite Bayonne, il pose la question suivante au consistoire israélite
« Pensez-vous, messieurs que les israélites verraient avec plaisir la réunion de Saint Esprit à Bayonne ? »
Le Consistoire répondit affirmativement.

Ce n’est pas la première fois que Bayonne demande le rattachement de Saint Esprit :
-                     1792, refus,
-                     1818 c’est le Conseil Général des Basses Pyrénées qui demande le rattachement de St Esprit à la ville de Bayonne. Le Conseil Général des Landes émit un avis négatif dans ses délibérations de 1819 et 1820.
Le gouvernement ne donne pas suite au projet.
-                     1836 : Le conseil d’arrondissement de Bayonne demande la réunion de tout le canton de Saint Esprit, mais il n’est pas suivi par le Conseil Général des Basses Pyrénées. L’affaire n’a pas de suites.

-                     1853 : Projet de création d’un nouveau département, dont le chef lieu serait Bayonne et qui entrainerait la distraction du département des Landes de l’arrondissement de Dax. En même temps, Bayonne demande le rattachement de Saint-Esprit. L’affaire n’eut pas de suite.

Avant d’aller plus loin un petit tour des protagonistes

A Paris tout d’abord

Napoléon III neveu de Napoléon I, fils de son frère Louis et d’Hortense de Beauharnais, il épouse Eugénie de Montijo, empereur des français qui exerce un pouvoir personnel autoritaire, jusqu’en 1870.

Le Ministre de l’Intérieur Adolphe, Augustin, Marie Billault, il est président du Corps Législatif et il est nommé ministre de l’intérieur le 19/6/1854 jusqu’au 8/2/1858.


 Adolphe Augustin Marie Billault                                             Eugène Schneider


Le duc de Morny, demi-frère naturel de Napoléon III (fils naturel d’Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine, et du général Charles de Flahaut), c’est le président du Corps Législatif.
Eugène Schneider (1805-1875, directeur de Forges, participe avec son frère à la création de l’empire sidérurgique Schneider (Creusot-Loire). Vice-président du corps législatif de 1852 à 1867, puis Président de 1867 à 1870.

Dans les Landes :

Les préfets

Alfred Clément Louis Frachon (1813-1857) en poste du 5/12/1853 au 31/10/1854
Il n’eut à traiter que le début de l’affaire

Jules CORNUAU (1821-1903) préfet de 1854 à 1858 qui est au centre de l’affaire

Le sous-préfet de Dax
Il s’agit d’Edmond Garat (1819-1880) qui sera en poste à Dax de 1853 à 1870. Il s’agit d’un descendant de Dominique Garat député du Tiers Etat pour le Labourd en 1789.

Dans les Basses-Pyrénées
Préfets :
François Armand Rupert LAITY (1812-1889) Préfet des Basses Pyrénées de 1854 à 1857

Marie Joseph Auguste PRON (1820-1903) Préfet de 1857 à 1862

Sous-Préfet :

Stanislas GERARD (1814-1861) en poste de 1853 à 1854

Jean Victor Leopold ISOARD (1822-1887) en poste de 1854 à 1860

Le 6 octobre 1854, le Préfet des Basses Pyrénées François Armand Rupert Laity fait la proposition suivante
1.         Réunion de tout le canton de Saint Esprit aux BP, Saint Esprit est réuni à Bayonne et toutes les autres communes (Biarrotte, Saint Laurent de Gosse, Biaudos, Saint André de Seignanx, Saint Barthélémy, Tarnos et Saint Martin de Seignanx) seront réparties entre les cantons NE et NO.
2.         Réunion de Saint Esprit à Bayonne et de toute la portion de la rive droite de l’Adour qui s’étend de Saint Esprit à la mer.

26/1/1855 Lettre du ministre de l’intérieur demandant au Préfet des Landes de se concerter avec celui des BP pour l’instruction de ce projet, qui était la réunion de tout le canton de Saint Esprit aux BP.

5/3/1855 L’instruction des deux affaires est en cours, et le Préfet des Landes demande des compensations territoriales

10/4/1855 Les compensations territoriales sont admises en haut-lieu, mais il s’agit de les préciser.

30/6/1855 Proposition du Préfet des Landes tendant :

1.                 A réunir au département des Landes, 13 communes des BP (Sames, Guiche, Bellocq, Lahontan, Sault de Navailles, Bonnut, St Girons, Labeyrie, Casteide-Candau, Saint Médard, Arget, Montagut et Malaussanne) si l’on se bornait à réunir Saint-esprit à Bayonne.
2.                 Une autre alternative est de réunir au département des BP tout le canton de Saint Esprit. Après consultation des CM deux communes ont répondu par la négative, il s’agit de Biarrotte et Saint Laurent de Gosse, 5 autres ont donné un avis favorable, il s’agit de Biaudos, Saint André de Seignanx, Saint Barthélémy, Saint Martin de Seignanx et Tarnos. Si tel était le cas le département des Landes demanderait l’adjonction de certaines communes du Gers : Cazaubon, Castex, Estang, Lannemaignan, Larée, Marquestan, Mauléon d’Armagnac et Monclar.

Devant la complexité de la situation et malgré les votes majoritaires des communes concernées, le Ministre de l’Intérieur va modifier les propositions et exclure le rattachement du canton de  Saint Esprit.
Il ne restait donc que le rattachement de Saint Esprit à Bayonne, et celui des sections de Romatet et Boucau au BP.

Les avis des communes et des départements concernés :

Le 22/10/1855 Le Préfet des Landes demande aux habitants des sections de Boucau et de Romatet d’élire une commission syndicale en vue de donner leur avis « sur l’opportunité qu’il y aurait à réunir les sections du Boucaut et de Romatet au département des BP »
Les élections de la commission ont lieu le 4 novembre et les membres sont : MM Bourgeois président, Adoue, Rives, Castillon, Novion, Destremaut, Charles Lalanne, Pambrun et Dibos. Cette commission siège le 18/11/1855 à 6 heures du soir dans une des salles de la mairie
La commission délibère et déclare :
« Qu’après avoir consulté les habitants les plus notables des quartiers respectifs, les membres de la commission les ont trouvés tous d’un avis entièrement opposé au démembrement de la commune….
Déclare à l’unanimité qu’elle ne prévoit dans le démembrement de la commune de Tarnos qu’un préjudice très notable qui portera également sur cette commune et celle que l’on se propose de créer… »
Par contre elle est d’accord avec la délibération du CM de Tarnos du 12/8/1855 qui propose de réunir la commune toute entière de Tarnos aux BP.

« Bayonne et Dax sont tous deux chef-lieu d’arrondissement, par conséquent siège de sous-préfecture et de tribunal de première instance, qu’il n’y a du bourg de Tarnos à Bayonne que 6 km, tandis qu’il y en a 42 de Dax, et que c’est à Bayonne et à Saint Esprit, mais plus particulièrement à Bayonne que les habitants de Tarnos ont presque tous leurs rapports d’intérêts. »

Le 18 avril 1856 le Conseil Municipal de la commune de Tarnos se réuni pour donner son avis sur le projet de distraction des quartiers de Romatet et de Boucau.
L’enquête publique (comodo incomodo) a eu lieu les 1er et 2 octobre 1855. Elle est présidée par M Vasserot Maire de Saint Esprit, une seule personne est pour le rattachement.
Le Conseil Municipal émet le vœu, comme la commission syndicale que ce soit la commune entière qui soit rattachée.

(à suivre)


Conférence: Pourquoi a-t-on créé Boucau en 1857 ?

Ceci est la retranscription de la conférence que j'ai donné à la salle Paul Vaillant Couturier (Apollo) à Boucau le vendredi 15 septembre 1857
Pourquoi a-t-on créé Boucau en 1857 ?

Avant de commencer quelques définitions du mot Boucau.

Boucau : masculin, embouchure d’un cours d’eau
Mais Boucau a également une signification en ancien français, enfin plusieurs significations :
A Reims au 15ème siècle, c’est un soupirail de cave
En Saintonge : la crevette grise
Boucau à également plusieurs orthographes.
Boucaud : en Anjou, lait boucaud, premier lait après la parturition.
Boucaut : Contenance d’une peau de bouc, outre, tonneau de bois qui sert à renfermer et à transporter certaines matières sèches. Un boucaut de morue, de sucre, de café
Dans le blaisois, petit fût
En Saintonge, c’est une grande futaille d’une contenance de trois barriques

En toponymie :
Mis à part Boucau près de Bayonne et Vieux-Boucau, on trouve aussi le lac de Boucau à Anglet, un souvenir d’une ancienne embouchure de l’Adour.
Dans les Pyrénées Atlantiques : Hameaux à Auterive (chemin du Boucau), à Geus d’Oloron et à l’hôpital d’Orion
En Gironde : Lieu-dit à Bourg

La commune de Boucau a été formée on va le voir par la réunion de deux sections cadastrales de la commune de Tarnos : Boucau et Romatet.
Mais il nous faut remonter plus haut.
Deux évènements vont modeler la section de Boucau.

Le détournement de l’Adour


La section de Boucau doit son nom à l’embouchure de l’Adour, l’Adour qui a été détournée, comme vous le savez par Louis de Foix en 1578. Je ne vais pas faire ici l’historique du détournement de l'Adour.


Les Pays de Gosse et de Seignanx au début du 14ème siècle
JB Marquette: Les pays de Gosse, de Signanx et de Labenne (1200-1320) 
Dans le Bulletin de SLAB n° 137 et 138

La section du Boucau s’appelait anciennement Ite (peut-être à rapprocher du latin iter chemin, itinéraire) Ahite. Ainsi au 12ème siècle on y trouve les maisons (feux) suivantes : Montestruc, Salenave, Laboirie, Le Tor, Maurie, Truis, Bascasaus, Airumbad. La quartier de Romatet : Seguelas, Cazenave, Sorde, Laius, Commeres, Lassus, Labat, Nogues, Letorte. La limite entre le quartier d’Ahite et celui de Romatet était matérialisée par les rue Pierre Lacouture et Glize. Dans le bas du quartier d’Ite, il n’y avait pas de construction, car l’Adour et son lit prenait tout l’espace.
Le détournement de l’Adour va changer tout cela.

Le quartier de Boucau


Pour sortir par la nouvelle passe les navires ont besoin de pilotes. Ces pilotes vont élire comme domicile le bas du quartier d’Ahite qui va prendre le nom de Boucau neuf. Ce quartier va se développer de plus en plus et ainsi en 1746 nous trouvons de nouvelles fermes en plus des anciennes : Prisse, Mousserolles, Au Baneres, Mouticq, Grazincau, Peloste, Pitarré, Prucon, Junca, Lalotge, Baderi, Peclere, Nanot, Clincart, Barroumes, Larribau, Jouanoulet, Claussot, Frère, Lartigue, Chine, Labouyrie, Sauboa, Laborde, Cambrac, Salenave, Basczeaux, Bellecave, Laborde
Alors que le quartier de Romatet va plus ou moins stagner.

Quartier               Nombre maison 12ème              Nombre maison 18ème
Ahite                              11                                           31
Romatet                         10                                           16

Le développement du quartier de Boucau s’est essentiellement fait autour de la Cale, construite en 1732 pour abriter les chaloupes des pilotes et des pêcheurs.  Le 18ème siècle va également voir la construction des digues maçonnées qui enserrent l’Adour. Cette construction est l’occasion d’un chantier considérable avec un énorme afflux de population. De nouvelles maisons sont construites.

C’est ainsi qu’en 1850 sur les 3000 habitants de la commune de Tarnos, 1500 habitent les sections de Romatet et de Boucau. 

Le chemin de fer

Le deuxième événement important: c'est la construction de la voie de chemin de fer. Elle se traduit par l'édification d’une gare et le comblement de la Cale (qui s’étendait jusqu'à l’actuelle place Sémard). Elle sera reconstruite à son emplacement actuel. 
En plus la Compagnie du Midi a installé à Boucau un centre pour le transit des marchandises (il n’y avait pas de place à Saint Esprit), et également le dépôt des machines avec ses ateliers de réparation et de matériel. (Celui-ci restera 30 ans au Boucau).



Quelle population vit dans ces quartiers ?

Un mémoire de démographie effectué en 1996 par Laurence Guillaume nous donne quelques éléments de réponse
L’étude est faite pour la période 1857 à 1872
Trois grandes catégories sont à considérer chez les hommes : Les professions de la mer (pêcheurs, lamaneurs, pilotes, marins etc…) les professions de la terre (propriétaires cultivateurs, métayers, résiniers, gemmeurs, scieurs de long, etc…) les artisans (tonneliers, charpentiers, meuniers, cordonniers, bouchonniers, tailleurs de pierre ou d’habits etc. …)


On note le développement des métiers liés au chemin de fer.
La plupart des propriétaires cultivateurs possèdent un terrain qui excédent pas 5 ha, mais la grosse masse des « travailleurs de la terre » est constituée par les métayers, qui pour « arrondir » leur fin de mois, exercent aussi un « métier de la mer », la plupart étaient pêcheurs ou lamaneurs.
On compte huit propriétaires dont la superficie excède 10 ha. Au sein de ce groupe quelques personnes ont de véritables domaines : Ainsi la famille Dubrocq (maire de Bayonne) 45 ha ; Frédéric Roth : 31 ha, Charles Lalanne (meunier d’Esbouc) 33 ha, Elysée Rives 28 ha (Bois Guilhou).
On retrouvera d’ailleurs ces personnes dans le premier conseil municipal de Boucau. Ce sont les petits hobereaux Boucalais, qui n’ont rien à voir avec ceux de Tarnos : Labrouche qui possède plus de 300 hectares et le Marquis de Lalande, 250 hectares.


à suivre


vendredi 29 septembre 2017

160 ans de Boucau


La randonnée nature initialement prévue le dimanche 17 septembre 2017, aura lieu le dimanche 1er octobre 2017.
Rendez-vous au parking du Bois Guilhou rue Georges Politzer à 10h30 (durée 2 heures environ)
Prévoyez des chaussures de marche, car les chemins empruntés ne sont pas goudronnés.

Le matin à 10h30

Visite du bois Guilhou
Historique de la propriété, la forêt de bambous, le pont de fer, le cyprès chauve, les tulipiers de Virginie, le fer à cheval, légende du bois Guilhou, le château.
A midi pique nique (au belvédère)

L'après-midi à 14h00
Visite de la propriété de Loustaou (historique), La vache morte (source et étendue d'eau au milieu du bois de Prisse), parcours le long du canal (on longue la propriété de la marquise de Moratalla). Le moulin d'Esboucq, un des plus anciens de la région bayonnaise.




jeudi 14 septembre 2017

160 ans de BOUCAU

Dans le cadre des 160 ans de la création de la ville de Boucau je donne une conférence à la salle Paul Vaillant Couturier, vendredi 15 septembre 2017 à partir de 18h 30.
"Pourquoi Boucau a été créée"
Vous pourrez en même temps découvrir l'exposition "Boucau d'hier et d'aujourd'hui"

Le lendemain samedi 16 septembre 2017 visite guidée de la ville:
Nous partirons de la Cale, nous y évoquerons le détournement de l'Adour. Ensuite devant Leader Price nous parlerons de la maison où habitaient les directeurs des travaux de la Barre, transformée ensuite en hôtel "Le Terminus" et en cinéma.
Ensuite la balade se poursuivra par la maison du docteur Doit, la Terrasse, le cinéma Fémina, la poste (ancienne maison de Jean Bourgeois datant de 1806).
Sur la place Sémard: maison Joanichon (boucherie Testemale, datant du 17ème siècle), la maison de chez Majesté (18ème siècle), la maison de Milhet (Crédit Agricole) qui est aussi ancienne que les précédentes.
En montant le Pitarré nous nous arrêterons à la fontaine, puis monterons en haut du Pey devant la maison le Sémaphore où nous évoquerons l'ancienne Tour de Vigie.
Après avoir descendu le chemin de Laboulite nous rentrerons dans le parc Peloste où nous parlerons de la famille Sallenave (pilotes sur plusieurs générations).
Nous rejoindrons la rue René Duvert où sur la gauche on trouve des villas datant de la fin du 19ème siècle, dont beaucoup ont été édifiés par des pilotes, des armateurs etc.
Nous renterons dans l'impasse de l'église pour parler des réalisations de la paroisse: fronton, école, salle Jeanne d'Arc. Ensuite nous parlerons de l'église.
Nous remonterons ensuite la rue Lucie Aubrac pour aller vers la mairie et visiter le cimetière pour parler de la première église de Boucau.
En revenant par la rue Duvert nous évoquerons les différentes maisons et tracerons l'historique de l'Apollo.

La balade qui devait se dérouler le lendemain dimanche 17 septembre 2017 et qui concernent le bois Guilhou, Loustaou, la vache morte et le moulin d'Esbouc est repoussée au 1er octobre 2017.



lundi 5 juin 2017

Les fêtes de Boucau

Voici deux extraits de délibérations du Conseil Municipal de Boucau au sujet des fêtes locales. Ces délibérations se sont tenues en l’espace de dix ans.

Entre les deux un événement important c’est produit : l’installation de l’usine des Forges de l’Adour.
Cela prouve aussi que les fêtes existaient déjà à la création de la ville en 1857. 

11/5/1879

"Monsieur Voisin demande au Président du Conseil s’il est vrai, comme il l’a entendu dire que la fête du Boucau, devait être changée, et à l’avenir, le 8 septembre au lieu du 24 mai.
Le maire répond qu’il a été question de cela avec Monsieur le curé, qu’il était d’abord d’avis qu’il en fut ainsi, à cause des renvois fréquent de la fête patronale qui coïncide souvent avec les fêtes mobiles, ce qui a fait fréquemment renvoyer la fête de village, quelquefois à un mois plus tard, mais que, d’après les nombreuses réclamations des administrés qui lui ont fait observer que lorsque le Boucau a été érigé commune, il a été mis sous l’invocation de Notre Dame Auxiliatrice, patronne des marins et des pêcheurs qui forment la presque totalité des habitants et que par suite ils seraient très peinés de voir substituer une nouvelle fête à l’ancienne, que d’ailleurs à l’époque de la fête ils invitaient ordinairement leurs parents des villages voisins à un repas de famille, et que septembre était pour eux, une saison morte pendant laquelle ils étaient gênés, tandis qu’au mois de mai la pêche est favorable et qu’ils peuvent ainsi faire les dépenses occasionnés par la fête.
Ces observations ont fait changer le maire d’avis et il consulte le Conseil pour savoir s’il n’y a pas d’opposition de laisser définitivement la fête comme elle est, de la faire toujours tenir le 24 mai, si ce jour tombe un dimanche, ou le dimanche suivant dans le cas contraire."

10/11/1889

"Monsieur le Maire rappelle que cette année, la fête locale a été célébré avec un certain éclat, et il n’hésite pas à affirmer que la population a été satisfaite du premier essai qui a été ainsi fait, conformément à des vœux souvent exprimés pour que les réjouissances publiques organisées à l’occasion de la fête locale soient en rapport avec l’importance actuelle de la commune et puissent contribuer à augmenter encore l’affluence des visiteurs étrangers à la localité.
Une souscription ouverte dans la commune pour couvrir les dépenses de célébration de la fête à cette année produit 500 francs. C’est la meilleure preuve que l’initiative prise par le Comité des fêtes, après entente officieuse avec les membres du conseil municipal, répondait aux désirs de la population."

Sources:
Registres des délibérations du conseil municipal de Boucau consultés en 1995 à la mairie de Boucau. Ces registres sont maintenant conservés au Pôle d'Archives des Pyrénées Atlantiques à Bayonne.