samedi 18 février 2017

La Gare de Boucau

Le 1er octobre 1854, une locomotive, son tender et trois wagons, font leur entrée dans la toute nouvelle gare de Boucau. Pourtant le tracé Dax-Saint Esprit n’avait été mis en place qu'au mois de février de 1854. Ces travaux avaient nécessité une main d’œuvre considérable, on parle de 1200 hommes. Pourtant le tracé initial prévu en 1853, n’était pas celui que nous connaissons aujourd'huiUne note du ministère de l’agriculture et du commerce nous apprend que la Compagnie du midi a renoncé à la direction qu'elle avait déjà proposé et qui coupait la dune du Boucau avec quelques maisons à démolir. Il faut dire que ce projet avait soulevé les protestations des conseillers municipaux habitants de Boucau, ainsi que celle du chef du pilotage Monsieur Bourgeois car cela entrainait la destruction du poste d’observation de la côte du Pitarré. La compagnie a repris son plan et fait passer la ligne plus à l’ouest. Dans un premier temps après avoir voulu construire un pont sur la cale, on a préféré la combler et la reconstruire à son endroit actuel.
Le 26 mars 1855 c’est l’ouverture officielle de la ligne qui propose deux trains journaliers de voyageurs dans les deux sens.
Trajet Bayonne Saint Esprit Bordeaux 6 heures. Trajet en diligence 40 heures.
En 1857 le raccordement de la Compagnie du Midi avec celle de Paris Orléans, permet aux voyageurs de faire Bayonne Paris sans quitter les services du chemin de fer.

Voici les horaires des trains à la fin du 19ème siècle

Bayonne : 6h 24   7h 30   9h 16   12h 03   16h 05   18h 00   22h 00
Boucau :   6h 31   7h 37   9h 23   12h 10   16h 12   18h 07   22h 07

Boucau :   6h 46   7h 55   9h 40   13h 41   17h 00   18h 23   22h 17
Bayonne : 6h 54   8h 03   9h 48   13h 49   17h 08   18h 31   22h 25



Jean Bourgeois

J'ai déjà parlé de Jean BOURGEOIS Pilote Major de la Barre voici son portrait, il s'agit d'une lithographie datant de la première moitié du 19ème siècle







mercredi 1 février 2017

Les maisons de Boucau en 1819 (2)

Suite de l'histoire de la maison de Gondrines

Au décès de Jean Baptiste Lalanne survenu à Tarnos le 3/7/1840, ses trois enfants se partagent sa succession, il s’agit de Pierre, Jean Baptiste et Jeanne Lalanne. Par acte de Duhalde le 2/3/1840, le bien de Gondrines est attribué à Jean Baptiste Lalanne. Après son décès le 13/6/1846 à Tarnos la maison est dévolue à son frère Pierre Lalanne, négociant à La Havane (Cuba). Au décès de ce dernier à Cuba le 26/6/1858, c’est sa sœur Jeanne Lalanne épouse de Martin Lannes, capitaine de navires, qui récupère le bien de Gondrines.
Le 22/10/1860 par acte retenu par Lanabère, notaire à Bayonne, la maison est achetée par Monsieur Antoine Edouard Caubet, négociant à Bayonne.
Le 24/2/1861 par acte devant Dhiriart, notaire à Bayonne la maison de Gondrines et les terres environnantes sont acquises par Jean Strudwich, maître d’hôtel à Aranjuez (Espagne) pour la somme de 16 600 francs.
Le 27/9/1862 le bien est acquit par Monsieur et Madame Loste par acte retenu par Dhiriart notaire à Bayonne pour le même prix.
Jean Baptiste Loste, capitaine de navires en retraite est décédé après avoir fait de son épouse son héritière, selon son testament olographe du 22/1/1848 déposé au rang des minutes de maître Serieyx, notaire à Bayonne le 14/4/1891.
Madame Loste, née Françoise Brasquet est décédée à Boucau, maison Gondrines, le 29/10/1893. Elle avait vendu la propriété de Gondrines en viager à Monsieur Georges Oscar Ramonbordes et Pauline Aimée Alphonsine Gombert son épouse, le 13/7/1892, moyennant une rente viagère de 1000 francs.


Voici les confrontations de la maison à cette époque : à Saldubéhère ruisseau entre eux, Favreau, Deycard, Voisin, Bonneton chemin vivinal entre eux, à Navarret et veuve Saldubéhère. Le bien est cadastré au Boucau section C, parcelles 429, 430 et 431. Il s’agit d’une maison de maître, autres bâtiments, cour, jardin et terres.
Georges Oscar Ramonbordes est décédé à Boucau le 3/6/1906, maison Gondrines. Il laisse pour lui succéder sa femme Pauline Aimée Adolphine Gombert et ses trois filles : Elisabeth Marguerite Ramonbordes qui épouse à Boucau le 8/1/1895 Jean Eugène Laborde, pharmacien à Toulouse ; Françoise Marie Ramonbordes épouse de Emile Bernard Calmon, officier, et Jeanne Gabrielle Ramonbordes qui épousera à Boucau le 28/12/1910 Pierre Damestoy, agent d’assurances.
Après le partage de la succession de Georges Oscar Ramonbordes devant Detchart, notaire à Bayonne le 30/9/1906, c’est Jeanne Gabrielle Ramonbordes qui hérite de la maison Gondrines.




Les maisons de Boucau en 1819 (1)

Gondrines

Cette maison est située en face de la nouvelle résidence rue du Chanoine Jean Pambrun.




On y trouve en 1819

Jean HAUGA 50 ans
Marguerite HIRIGOYEN 50 ans
Graci HAUGA 23 ans
Claire Hauga 17 ans
François Nicolas LEBLOND 52 ans
Geneviève PANTINY 50 ans
Quiterie LESBOUYRIES 40 ans
Salvat DUMONT 38 ans
Marie CROLITCHAGUE 36 ans
Claire LAPORTE 30 ans
Mathurin LEGU 2 ans.

J’ai respecté l’orthographe du rédacteur.
Maintenant essayons de retrouver ces personnages
Jean Hauga est originaire de Bayonne Saint Etienne, il épouse à Tarnos le 29/1/1788 Marguerite Hirigoyen. Il est laboureur, il est décédé, maison Prucon le 2/11/1838.Son épouse Marguerite Hirigoyen est née le 11/11/1758 à Tarnos, maison Barroumes, fille d’Auger et d’Etiennette Bouheben. Le couple aura deux filles qui sont mentionnées sur la liste : Graci et Claire Hauga.
Graci est née à Tarnos le 24/5/1795, elle s’est mariée deux fois. Une première fois le 24/11/1818 à Tarnos avec Jean Bascazeaux et la deuxième fois également à Tarnos le 6/11/1827 avec Arnaud Molères, charpentier.
Claire Hauga est née à Tarnos le 22 frimaire an 9, elle est décédée à Boucau le 13/8/1884. Elle épouse à Tarnos le 20/11/1821 Bertrand Cazaux.

Je n’ai pas trouvé la trace de François Nicolas Leblond, ni de Geneviève Pantiny, qui ne sont pas de la région. Peut-être un douanier et son épouse.

Quitterie Lesbouyries est native de Saint Martin de Seignanx où elle est née le 23/3/1778, fille de Gérôme et de Françoise Novion. Elle épouse à Tarnos le 1/12/1800 Martin Lannes. Ce dernier est décédé à Tarnos le 13/7/1818 comme l’indique sa déclaration de succession déposée au bureau de Saint Esprit le 6/1/1819 par Gérôme Lesbouyries, le père de Quitterie. Il n’y a pas eu d’enfants de cette union. Quitterie est décédée à Saint Martin de Seignanx le 2/8/835.

Je n’ai pas trouvé trace de Salvat Dumont et de Marie Curutchague et non Crolitchague comme indiqué sur le registre.

Claire Laporte est née à Labenne vers 1789, fille de Jean et de Marie Salis, elle épouse à Labenne le 8/12/1813 Mathurin Legu. Mathurin Legu né vers 1817 est leur fils.

Voyons maintenant l’historique de la propriété de Gondrines

Cette propriété appartenait au début du 18ème siècle à la maison de Laboulite. Pierre Labeylie en est le propriétaire lorsqu’il vend, par acte retenu par Cassolet (notaire à Saint-Esprit) le 27/4/1748, en faveur de Jean Gondrines, capitaine de navires et de sa femme Françoise Nabonne, un demi arpent de terre « dans le champ de Laboulite ». Les acheteurs veulent y faire bâtir une maison. La vente est faite pour 200 livres. Les confrontations du terrain sont les suivantes : du levant à champ du vendeur, du couchant à la chapelle appartenant au chanoine Capdau, chemin public entre eux, du nord à pièce de terre vendue par ledit Labeylie à Joseph Bayron, du midi à terre de Morancy.
Françoise Nabonne, veuve de Jean Gondrines et son héritière, vend la maison de Gondrines et le terrain attenant à Pierre Cazenave, pilote de la Barre, par acte retenu par Forgues, notaire à Saint Esprit le 12/2/1777. Les confrontations sont les suivantes : du midi à commun dudit Tarnos, du côté de la mer à la maison de Monsieur Darguibel, de l’est au champ labourable de Laboulite et du nord à la maison de monsieur Raynaud.
Le 9/3/1785 perclus de dettes Pierre Cazenave et son épouse Gracieuse Dalié vendent le bien à Jacob Sèches, négociant de Saint Esprit, pour la somme de 6000 livres (acte retenu par Lambert notaire à Bayonne). Sur cette somme il faudra déduire celle de 2800 livres que les époux Cazenave devaient à des fournisseurs. Les fournisseurs sont essentiellement des négociants en vins. Ce qui semble indiquer que la maison Gondrines devait servir d’auberge où de débit de boissons.
Le 10/6/1793 Pierre Abeille, négociant bayonnais acquiert la propriété pour 6000 livres, devant Dhiriart notaire à Bayonne.
Elle est achetée le 4 floréal an 3 (23/1/1795) devant Dhiriart, notaire à Bayonne, par Jean Baptiste Lalanne, meunier à Esbouc, et son épouse Catherine Larralde. L’acquisition est faite pour 16000 livres Dans la vente sont compris les meubles et effets qui se trouvent dans la maison.


Extrait du plan cadastral de Tarnos de 1810 les parcelles de Gondrines portent  les numéros 728 et 729
Le chemin en bas des numéros 723, 727 et 718 c'est la rue René Duvert actuelle

Le bien va ensuite rester dans la famille Lalanne jusqu’en 1860.
Au décès de Jean Baptiste Lalanne survenu à Tarnos le 3/7/1840, ses trois enfants se partagent sa succession, il s’agit de Pierre, Jean Baptiste et Jeanne Lalanne. Par acte de Duhalde le 2/3/1840, le bien de Gondrines est attribué à Jean Baptiste Lalanne. Après son décès le 13/6/1846 à Tarnos la maison est dévolue à son frère Pierre Lalanne, négociant à La Havane (Cuba). Au décès de ce dernier à Cuba le 26/6/1858, c’est sa sœur Jeanne Lalanne épouse de Martin Lannes, capitaine de navires, qui récupère le bien de Gondrines.


Cadastre de 1854 le bien de Gondrines est en rose, il s'étend le long de la rue René Duvert


La mairie

Pierre Lacouture, le premier maire de Boucau et son adjoint Jean Baptiste Novion sont nommés dès septembre 1857. La première réunion du conseil municipal a lieu le 11 novembre 1857.
Tout est à créer, la commune ne possède aucun des bâtiments nécessaires à son fonctionnement. C’est dans la maison du maire (maison de maître située au-dessus de la place du marché) que se déroulèrent les premières séances du conseil municipal. Les premiers offices religieux sont célébrés dans la chapelle de la propriété de monsieur Laborde (maison Majesté).


Au centre la première mairie de Boucau

Pierre Lacouture étant décédé le 5/9/1874 à Boucau, la mairie doit trouver un autre local. Monsieur Auguste Laborde (son successeur nommé par le préfet le 16/12/1874) cherche dans Boucau une maison pouvant servir de lieu de réunion.
Dans sa réunion du 10 janvier 1875, le conseil municipal est informé par le maire : « …il s’est mis en rapport avec monsieur Pascal, propriétaire de Canelle, situé dans un point central et très convenable pour devenir le siège de la mairie, il a obtenu de ce propriétaire la location d’une vaste salle située au rez-de-chaussée de la dite maison pour un loyer annuel de 60 francs… » Le maire expose ensuite : « que la commune ne possède ni armoire pour les archives, ni tables, ni chaises, ni aucun des objets indispensables dans ce lieu, car tout le matériel existant à l’ancien local était la propriété de l’ancien maire. Il a dû racheter les objets pour un coût de 115 francs. »
Le 8/8/1875 on apprend que la maison Canelle a été vendue à monsieur Thubé, et que celui-ci veut augmenter le loyer payé pour la salle, soit 150 francs au lieu de 60. « En présence d’une augmentation aussi considérable, le maire a dû rechercher un autre local. S’étant mis en rapport avec monsieur Louge propriétaire d’une maison située juste à côté de la mairie actuelle, il a obtenu la location d’une salle pour 100 francs par an. »
En 1878 des discussions sont engagées avec monsieur Hilaire Chauvet (héritier de monsieur Lacouture) pour l’acquisition d’un terrain pour la construction d’une école comprenant une salle pour la mairie. Ce terrain est situé le long de la route qui va de Bayonne à l’église de Tarnos, c’est l’ancienne dénomination de la rue des écoles, devenue rue Lucie Aubrac.
Le 19/5/1878 nouvelle délibération : « Monsieur Chauvet s’engage à vendre à la commune pour le prix de 4000 francs, le terrain dont il s’agit, d’une contenance de 50 ares, avec cette réserve cependant, que la maison d’école sera bâtie sur ce terrain, c’est-à-dire que la commune sera autorisée d’y fonder l’établissement scolaire qu’elle propose d’y établir ».
Le 2/6/1878 le devis est présenté au conseil municipal : construction de l’école 16222,50 francs, acquisition du terrain 4000 francs, soit un total de 20222,50 francs. « Le conseil fixe la demande de subvention à 10000 francs, la commune devant emprunter 10000 francs ». La demande est examinée par l’administration et le 23 juin le sous-préfet envoie la lettre suivante :
« Monsieur le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts a approuvé à la date du 21 juin dernier les plans et devis de l’établissement projeté. Il a accordé à la commune une subvention de 5000 francs et a fixé à 10000 francs le montant de l’emprunt à contracter par la commune à la Caisse des écoles. »
Le compte n’y est pas il manque 5000 francs, le maire intervient auprès de monsieur Chauvet afin qu’il baisse le prix de 500 francs. Ce dernier est d’accord à condition que le prix 3500 francs soit payé comptant. Tout ceci est confirmé par une lettre adressée au maire le 4 juillet 1879.
Finalement le conseil vote à l’unanimité la somme de 5022,50 pour complément de dépense à la construction de la maison d’école de garçons et salle de mairie.
Le 25 septembre 1879 a lieu à la sous-préfecture de Bayonne l’adjudication des travaux. Ce sont deux entreprises boucalaises qui feront les travaux, celles de Charles Cazalis et Laurent Labourdette.
Le 7 décembre 1879 les travaux sont en cours d’exécution. Le 27 juin 1880 les travaux sont en cours d’achèvement.  Il faudra attendre le courant de l’année 1881 pour que la mairie s’installe dans ses nouveaux locaux ainsi que le précise la délibération du 17 mai 1881 : « Demande d’installation d’une boite aux lettres dans le nouveau bâtiment communal ou est installée la mairie … »


La mairie dans les années 1960

mardi 31 janvier 2017

Place Sémard

Voici des photos de la place Sémard



Je pense dans les années 1950




Entre 1970 et 1980

L'usine Saint-Gobain

L'usine Saint-Gobain, construite à partir de 1900 par la compagnie Saint-Gobain, Chauny et Cirey, fabrique des engrais superphosphates. Elle comptera en pleine activité, 250 personnes. jusqu'en 1930, les ventes de superphosphates augmentent, mais à partir de cette date, elles diminuent progressivement et de façon très importante dans l'ensemble du Sud-Ouest. L'usine fermera ses portes en 1950.