Apollo (suite)

Les origines du terrain

Ce terrain du vélodrome appartenait au 18ème siècle à Paul Gaujet, entrepreneur responsable de la construction des digues de l'Adour. Il avait acheté le terrain par acte retenu par Cazaumajour (notaire à Saint-Martin de Seignanx) le 13 mai 1736 à Jean Lassalle  dit Tauzia. La vente portait sur « … 29 règues de terre labourable fermé tout à l’entour par des fossés et des baradeaux et tout autant de terre qu’il en a depuis la fermeture jusqu’à la rivière de l’Adour… » Les confrontations du terrain sont les suivantes : « … Confrontant du soleil levant à terre labourable audit Lassalle, du midi à terre et pignadarde la maison de Plantoun appartenant à Monsieur de La Framboisière, couchant à la rivière de l’Adour et du nord à chemin public… »
Tout ceci est indiqué sur les plans ci-dessous.




Sur ce terrain que l’on va également appeler  La Direction, va être construit « l’hôtel de la Direction » qui sera la résidence des différents directeurs des travaux à la Barre de Bayonne. Monsieur Paul Gaujet en cédant son office d’entrepreneur des travaux à François Morancy lui vend tous les terrains qu’il possède au Boucau (dont celui-ci). La propriété passe ensuite dans la famille Laborde. 


Les héritiers de celui-ci (les frères Bonneton) louent l’emplacement à MM. Marladot et Dartigue vers 1898. Ces derniers y construisent un vélodrome, qui est inauguré le 3 mai 1899 à « trois heures de l'après-midi » six courses sont au programme, dont une de tandem. Le vélodrome n'est pas très grand (la piste doit faire 250 mètres) puisqu'il occupait semble-t-il l'emplacement de l'actuel square Marx Dormoy, la carte postale ci-dessous nous permet de distinguer une partie de la piste.



C'est une attraction qui attire la foule au Boucau. Plus-tard les entrepreneurs y construiront un fronton international, où le célèbre joueur de pelote « Chiquito de Cambo » s’est produit, avec nombre de pilotaris connus du moment.
Après la guerre de 1914-1918, les emplacements envahis par les ronces et les mauvaises herbes ne servent plus qu'aux cirques de passage.
C'est cet endroit qui est choisi par la municipalité pour « construire un groupe comprenant une salle des fêtes, une salle de réunion et une bibliothèque. »

Le projet

Le 28 décembre 1935, le Conseil Municipal adopte le principe du projet. L'investissement est important, pas loin de 1 500 000 francs, avec possibilité d'aide de l'Etat. Par décret du Président de la République en date du 10 avril 1937, le projet est déclaré d'utilité publique.
La propriété dite « du Vélodrome » est achetée le 29 octobre 1937 à Madame Hermosa (héritière Bonneton) moyennant la somme de 106 560 francs. Les travaux commencent tout de suite. L'architecte est Monsieur Barbut de Capbreton, il a déjà travaillé avec la commune pour la construction du groupe scolaire Henri Barbusse en 1935.
En décembre 1937, la municipalité est obligée de voter un emprunt supplémentaire de 422 497 francs pour la construction du complexe, cette augmentation est due, et je cite la délibération du Conseil Municipal « Aux modifications apportées aux indices économiques, suite aux nouvelles lois sociales, mise en vigueur depuis juin 1936 »  Cet édifice a été réalisé dans un temps relativement court par la Coopérative ouvrière de Tulle et les entrepreneurs MM. Tremblais, Vasquez, Ortet frères, Cazalis, Bidart-Lafargue et Bideplan (c’est le seul artisan boucalais). Il est à peine fini pour l'automne 1938.

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