lundi 2 avril 2018

Visite de Boucau (4)


La Gare
Le tracé de la voie de chemin de fer Bordeaux-Dax-Bayonne est entériné par le décret du 24/8/1852. En mai 1854, l’ancien havre du Boucau est comblé, et le nouveau est sur le point d’être achevé.
Le dimanche 1er octobre 1854 une locomotive, son tender et trois wagons arrivent au Boucau. L’inauguration a lieu le lendemain.

En 1896 on installe au milieu de la place une fontaine monumentale, qui sera démolie dans les années 1950.


La Fontaine du Pitarré :


Cette fontaine située à mi-côte du Pitarré, appartenait au lieutenant de vaisseau Jean Bourgeois, Pilote Major de la Barre de Bayonne.
« Fontaine de Pitarré appartenant à Jean Bourgeois lieutenant de vaisseau, pilote major de la barre, chevalier de la légion d'honneur ». 


Emplacement de la fontaine du Pitarré à mi-côte du chemin du Pitarré

Parking Legrand :

A cet emplacement s’élevait une maison appelée Lanuscon. Elle appartenait à Jean Bourgeois, dont on va parler. Son héritier, Eugène Dumontel, banquier et maire de Boucau, va la louer à l’administration des douanes dès 1910. Elle va l'acquérir en 1930. La rue de Montilla était d’ailleurs appelée rue de Douane.
Le bâtiment sera démoli dans les années 1980 pour construire le parking Lagrand.
L'abbé Legrand a été curé de Boucau pendant de nombreuses années.



La Poste :

Dès 1903 la poste est transférée dans ce local. Puis après 1933 on retrouvera ici l’épicerie Estaun.

Cette maison a été construite en 1806 par Jean Bourgeois, pilote major de la Barre.
La place Sémard s’est longtemps appelée place Jean Bourgeois. C’est la villa Thérèse.



Quand Napoléon Ier vient à Bayonne en 1808, c’est Jean Bourgeois qui lui fait visiter les alentours et l’embouchure de l'Adour.
Pour remercier Jean Bourgeois, Napoléon lui donne 50 hectares de terrain à Tarnos (petite Baye et grande Baye, lycée technique actuel et alentours) pour le franc symbolique (c’est sur une partie de ces terrains que seront construites les Forges de l’Adour en 1881).
En 1814 les Anglais approchent de Bayonne.
Le 22 janvier 1814, Bourgeois apprend par un de ses informateurs que Wellington doit venir à Blancpignon pour inspecter les positions françaises (en fait pour choisir l’emplacement d'un pont de franchissement de l'Adour) Il demande l’autorisation, à ses supérieurs de tenter une embuscade. Refus de sa hiérarchie (qui pensait déjà au futur, c'est à dire la chute de l'Empire).
Le 24 janvier il décide malgré tout d’intervenir ; voyant la manœuvre, des observateurs français placés sur les tours de la cathédrale de Bayonne (les flèches ne sont pas encore construites) préviennent Wellington, l’embuscade échoue.
Les Anglais vont construire un pont de bateaux sur l’Adour (en face de la Maïsica) Il sera opérationnel le 24 février 1814. Boucau va devenir l’arrière camp des troupes alliées. La maison de Bourgeois sera le lieu de résidence de l’état-major anglais.
En 1933 la maison est acquise par l’administration des Postes. La nouvelle poste est inaugurée en 1934.



CCAS

Ces terrains appartenaient à Jean Bourgeois au début du 19ème siècle. Ils furent ensuite la propriété d’Eugène Dumontel. Son gendre Paul Cazes était industriel il construisit sur cet emplacement, au début du 20ème siècle, une usine de mécanique de précision. Pendant la guerre de 14-18 elle travailla pour la Défense en fabriquant des munitions et des obus.
Après sa faillite, l’usine fut rachetée en 1930 par Monsieur Herrero. Qui y créé une conserverie de pibales (denrée inconnu à cette époque en France).
Le 15/7/1953 Ernest Paul Detcherry rachète le bien pour y fabriquer des tricots, c'est l'usine connue sous le nom de « Tricokiva ».
La municipalité rachète le bien pour y installer le CCAS.


Sur la parcelle suivante qui avait la même origine de propriété. Monsieur Labadens gérant de la Société d’aggloméré de lièges avait acquis ce bien en 1930 pour y construire une usine de fabrication de liège. Il possédait déjà une entreprise au Boucau. Elle était située rue Biremont à l'emplacement de la salle Joseph Prudet actuelle.
En 1945 la mairie rachète les biens de cette société, l’ancienne usine rue Biremont pour y construire une cantine scolaire ; et celle de la rue Joseph St André pour y installer le garage municipal.
En 1953 la fermeture de l’abattoir libérait un espace. La municipalité l'utilisa pour y installer le garage municipal, ce sont les ateliers municipaux actuels. L'ancien local rendu disponible, fut transformé en gymnase et en salles municipales, (salle Etienne Landaboure).
On construisit en même des douches municipales.

Maison Peloste :

Construite vers le début 1700, cette maison a été achetée en 1748 par Dominique Sallenave pilote major de la Barre. Il y avait obligation pour les pilotes de résider à Boucau sous peine d’une amende de 50 livres.
La maison est restée dans la famille jusqu'à la fin du siècle dernier.
Un parc public y a été aménagé.



Maison Gondrines :

Le 27/4/1748 achat par Jean Gondrines, capitaine de navires, époux de Françoise Nabonne, de Pierre Labeylie dit Laboulite. Il construit une maison.
Le 21/2/1777 achat par Pierre Cazenave pilote.
Le 9/7/1785 Achat par Jacon Seches.
Le 10/6/1793 achat par Pierre Abeille négociant à Bayonne.
Le 23/4/1795 achat par Jean Baptiste Lalanne meunier.
Sa descendante Jeanne Lalanne épouse de Dominique Lannes vend la propriété à Antoine Edouard Caubet négociant à Bayonne le 22/10/1860.
Achat par Jean Strudwich le 24/12/1861.
Le 27/9/1862 achat par Jean Baptiste Loste, capitaine du remorqueur, et Françoise Brasquet son épouse.
Le 13/7/1892 achat par Georges Oscar Ramonbordes, conducteur des Ponts et Chaussées. (élu conseiller municipal de 1888 à 1906). Il est décédé à Boucau le 3/6/1906. Sa fille Jeanne Gabrielle Ramonbordes hérite du bien. Le 20/10/1941 achat par Bernardin Larre, cultivateur à Hasparren.



samedi 17 mars 2018

Visite de Boucau (3)


Place Sémard :

Comme je l’ai déjà dit cette place s’appelait jusqu’en 1945 Jean Bourgeois.
Parlons des différentes maisons :

Maison Joanichon

La boucherie :
C’est la plus ancienne, elle a été construite par Joanichon de Sallenave, qui fut le premier Sallenave nommé pilote le 27 janvier 1645.
Son petit-fils Jean Estienne de Sallenave vend la propriété le 14/8/1714 à Marie Lesboyries, veuve de Raymond Gardères.
Achat de la maison par Paul Gauget le 25/6/1730
Achat en 1745 par François Morancy, entrepreneur des ouvrages de la Barre.
En 1780 Jean Laborde est le nouveau propriétaire.
Après plusieurs changements de propriétaire la propriété revient dans la famille Laborde.
Son héritière Mme Hermosa vend une partie de la maison à Charles Camouseigt commerçant boucher à Boucau le 10/8/1936.
Le 3/12/1959 acquisition du bâtiment par André Testemale.


La même maison en 1900
La pharmacie :
C’était à l’origine un bar, buvette de la gare, tenu en 1921 par Carmen Hernandez veuve d’Etienne Lassalle.
Jean Lalanne tient ensuite le café.
Il est remplacé en 1934 par Anna Pruilho épouse Darricarrère.
En août 1934 Salvat Lajus est le nouveau tenancier
Le café est le siège de la Boule Boucalaise.

Les deux maisons qui suivent sont beaucoup plus récentes, elles ont été construites par Monsieur Raoul Labarthe sandalier et marchand de chaussures.
Il avait acheté le bien de Madame Hermosa (Héritière de la famille Laborde) le 12/9/1922. Il y avait fait construire la maison (maison Morena) où il exerçait son commerce de sabotier et marchand de chaussures.
En 1943 il cède son commerce de marchand de chaussure à Henriette Daguenet.
Le terrain à côté sur lequel est érigée la maison des architectes, a été acheté par monsieur Pouymayou camionneur grainetier le 3 juin 1931 à monsieur Labarthe.



La villa Bel-Air


Construite sur la propriété Joanichon par François Morancy au milieu du 18ème siècle. Elle est ensuite acquise par Jean Laborde vers 1780.
Ce dernier y fait construire une chapelle dans laquelle il est enterré
« Ci-git Jean Laborde ex-architecte et entrepreneur des travaux du Roy aux fortifications de la Barre du Port de Bayonne né le 22 janvier 1739, décédé le 6 avril 1795. Priez pour lui. »
C’est cette chapelle qui servira de lieu de culte avant l’édification de la première église en 1862.

Son petit-fils Auguste Laborde deviendra maire de Boucau en 1874, il le restera jusqu’en 1886. C’est lui qui va embellir le château.
Il est également connu comme traducteur des fables de La Fontaine en Gascon.
Son neveu Emile Bonneton sera également maire.
Les petits-enfants de Madame Hermosa, sa descendante, vendront les propriétés de Bel-air, des ingénieurs et celles du quillet en 1952 à Etienne Dufau (dit Boudou) joueur du Boucau-Stade d’avant-guerre parti jouer au XIII à Cavaillon.

L’enclos de Millet :

L’ensemble des maisons appelé "Enclos de Milhet" appartenait au 17ème siècle à Bernard de Milhet qui était chargé, par le corps de ville de Bayonne, d’entretenir les digues de l'embouchure de l'Adour.


A la fin du 17ème siècle la maison appartient à la famille Sallenave. Antoine Sallenave, un cousin du pilote major dont nous parlerons avec Peloste, vend la propriété en 1763 à François Morancy. En 1782 Jean Laborde l’achète. Au décès de ce dernier, ses enfants vont se partager ses biens. Sa fille Jeanne Sccholastique Laborde, épouse Godefroy, vend l’enclos de Milhet en deux propriétés distinctes : la première à Martin Lannes, pilote et la seconde à Vincent Lafourcade (La Terrasse).
La partie nord de la propriété appartenant à Lannes sera portionnée une première fois en 1843. La maison où est le Crédit Agricole est vendue à la maison Froment, négociant à Bayonne. Le reste est acquis, à la chaleur des enchères en 1885 par messieurs Thubé et Destrac. En 1869 François Novion achète à l’entreprise Froment la maison de Milhet (on l’appelle ainsi sur les actes) pour y installer son commerce de boulanger, qu’il exerçait auparavant, maison Joanichon. A son décès en 1901, la maison est acquise par Dominique Morin. La fille de ce dernier épousera le docteur Mélin.
Les consorts Thubé et Destrac vont se partager les biens. Pierre Dupacq va acheter en 1923 une partie du bien.
La partie sud achetée on l’a vu par Vincent Lafourcade (la maison Lallemand) va rester dans la famille jusqu’au décès de Monsieur Rogers en 1940. La partie boulangerie et salon de coiffure sera acquise par Joseph Couret.

Bar l’Estival :


Le 1/7/1886 c’est la création dans ce lieu de la poste de Boucau. Le bail s’arrête le 31/5/1895 et les propriétaires ne veulent plus louer à l’administration.
C’est pour cela que le café va s’appeler, buvette de la gare.
Avant le 1/10/1917 il appartenait à Mr et Mme Lalanne
Le 1/10/1917 vendu à Valentin Soules (fils de Valentin et de Marie Hausséguy)
Il est vendu le 22/4/1930 à Marie Castaings épouse Libier
Le 1/12/1956 c’est Germain Clabète (ancien joueur du Boucau-Stade) qui en est le propriétaire.

Le bâtiment suivant qui comprend un petit local et le crédit agricole.

Au début du siècle dernier il y avait trois commerces :
1°) Une boulangerie, transformée en épicerie tenue par Marie Hausseguy (épouse divorcée de Valentin Soulé). En 1931 elle cède le fonds de commerce de vente de fruits et comestibles à Gonzalo Martin.
Sous le nom « Au Friand » le magasin sera longtemps la propriété de la famille Martin. Personnage brocardé dans la revue « Bonjour Boucau » en 1949.
2°) Un café dit « buvette de la gare ». Il appartient en 1916 à Jean Barsalère. Il vend le fonds le 22/1/1916 à Claude Charton. En 1919 Marguerite Dicharry son épouse le gère. Après leur divorce Claude Charton lui vend le fonds le 17/1/1927.
Joseph Couret qui veut s’agrandir rachète le commerce en 1930
3°) Une manufacture tenue par monsieur Labarthe. Les époux Perlant vont racheter ce fonds pour ensuite le vendre en 1923 à leur fille et gendre : Marie Louise Perlant et Joseph Couret.

Bureau de tabac :
Depuis la fin du 19ème siècle c’est Cyprien Latapie qui en est le propriétaire. Après son décès le 20/9/1912, le bureau de tabac est vendu à Jean Baptiste Celhay qui était buraliste à Saint-Palais.
Le 8/1/1924, il vend le bureau de tabac à Pierre Clément Durcos.
Jean-Baptiste Celhay est le père de Maurice Celhay, qui débuta au rugby au Boucau-Stade, avant de jouer à l’Aviron Bayonnais et de devenir international.



Boucherie :
Dès 1895 Jean Bompas s’installe comme boucher dans ce local. Le 18/1/1924 il cède son commerce à Justin Isidore Camberabero qui va exercer jusqu’à sa retraite (il est mort en 1964). La famille Lacoste a ensuite tenu la boucherie. C'est actuellement un institut de beauté

Boulangerie :
Dès le début du 20ème siècle on trouve à cet endroit une épicerie
« L’épicerie bayonnaise » appartenant à Célestin Gueçarrague, qui tenait un autre magasin, à Bayonne 11 rue Poissonnerie.
Le 2/9/1907 l’épicerie est vendue (sous seing privé) en faveur de Pierre Paul Dupacq. Son fils va prendre la suite en 1945.
Après on trouvera un commerce d’électroménager tenu par G. Thillier.
Ce sera ensuite Charles Devant qui installera une boulangerie-pâtisserie.


Coiffeur :
C’est que sera installé le bureau de poste de Boucau dès 1895.
En 1904 la poste déménage pour aller derrière. MME Rogers ne va pas rester longtemps sans locataire.
Martin Cazenave s’installe comme coiffeur dès 1904. A son décès en 1921 le bail est repris par Paul Cocoynacq qui va rester très longtemps dans ce local.




Visite de BOUCAU (2)


La maison la Cantine :

Vers la fin du 17ème siècle elle s’appelait « Jean de Barre » (indication de la Barre de l’Adour) et appartenait à la famille Sallenave (une famille de pilotes)
On l’appellera plus tard « Cantine », car pendant les travaux d’endiguement de l’Adour, il y avait tellement d’ouvriers que pour les nourrir certains on créera une « cantine » dans cette maison.
En 1823 elle est achetée par Pierre Lacouture entrepreneur de travaux publics, qui sera en 1857 le premier maire de Boucau. C’est dans cette maison, que vont avoir lieu les premières réunions municipales en attendant la construction de la mairie en 1879.

 Avant d’appartenir au docteur Doit, cette maison était la propriété de la famille de Olave, héritière des  Lacouture.

On devine la maison derrière les feuillages

Hôtel de la Terrasse :

Dès le 18ème siècle il existe une auberge à cet endroit. Cette maison portait le nom de Lallemand (nom des occupants des lieux).
En 1798 la maison est acquise par Jean Lafourcade. Elle va rester dans la famille jusqu’au décès du dernier descendant : Jean Eugène Rogers, mort en 1940 sans descendant.
Dans cette auberge il y avait déjà à cette époque une salle de bal. Un tragique fait divers s’y déroula le 28/4/1822, Jean Lafourcade y fut assassiné par Alexandre Loubière au cours d’un bal. Alexandre Loubière fut condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour d’Assise des Landes (Tarnos est dans les Landes). Il est décédé au bagne de Rochefort en 1827.

La salle de Bal a été transformée vers 1945 et a pris le nom de Boléro.

Voici le nom des différents hôteliers que j’ai trouvé :
1907 Valentin Soulé ; 1913 Marie Hausseguy ; 1919 Claude Charton ; 1922 Isidore Sorçabal dit Dongaitz (pilotari) ; 1922 Louise Louis ; 1928 Joseph Sorçabal dit Dongaitz frère d’Isidore
« A quelque temps de là, il se rendit acquéreur d’une affaire importante, l’hôtel de la Terrasse au Boucau. Une douzaine de chambres une vaste salle avec trois jeux de billard anglais, une grande terrasse et une salle de bal. De quoi s’occuper et occuper du personnel …. Il était l’idole de ses clients qui l’avaient surnommé « Le Turc » … »  citation tirée de l’ouvrage « Ils étaient les meilleurs » par Chipistey.
1928 Alfred Darriberouge ; 1941 Joseph Pommiro ; 1948 Daniel Carrère.

Le Cinéma Fémina:

Le 22 mai 1914 inauguration du cinema Fémina, construit par Mr et Mme Rogers.

Le cinéma est détruit par un incendie le 27/10/1935.
Il reste un pan de mur et le couloir d’accès à la salle.


samedi 17 février 2018

Visite de BOUCAU (1)

Pendant plusieurs articles je vais vous faire visiter Boucau, comme je l'ai fait pendant les journées du patrimoine.


La pierre du Trossoat

Fabriquée par Jean Baptiste BAULON (marbrier Boucalais).
Elle est inaugurée le dimanche 29/10/1978. Cérémonie initiée par Guy Grasset Président du Syndicat d’Initiative. Elle est érigée à l’emplacement où Louis de Foix construisit une digue de 150 toises (300 mètres) pour détourner l’Adour.

La ville de Boucau doit tout à l’Adour : son nom son développement géographique, économique et démographique.

Détournement de l’Adour :

Jusqu'en 1310 l’Adour se jetait à Capbreton. En fait il semble que l’Adour ait eu plusieurs embouchures, un delta en quelque sorte. L’embouchure de Capbreton se trouva obstruée par une tempête. Le nouveau Boucau fut établi  Port d’Albret.
C’est le marasme économique pour Bayonne dont le commerce était essentiellement basé sur l’activité portuaire. Les édiles Bayonnais n’eurent de cesse de demander au Roi une nouvelle embouchure.
Après plusieurs essais infructueux la ville fait appel à Louis de Foix
En 1572 Louis de Foix passa un contrat avec le Roi. L’ouvrage consistera à barrer le cours de l’Adour pour le détourner dans un canal construit jusqu'à la mer. Le barrage aura une longueur de 292 mètres, le canal fera 1750 mètres de long, et aura une largeur de 15 mètres, ce qui parait peu pour un fleuve comme l’Adour (compréhensible vu les moyens de terrassement de l’époque). 
Le 28/10/1578 la nouvelle embouchure est ouverte. Mais, tous les problèmes ne sont pas résolus. L’Adour divague surtout vers le sud au gré des courants qui transportent le sable. Elle se jette à la Chambre d’Amour au début du 18ème siècle (lac du Boucau à Anglet).
A partir de 1730, il est décidé d’endiguer l’Adour par des digues de maçonneries. Le travail fut gigantesque. La digue nord fait 2398 mètres et la digue sud 1500 mètres. Ce chantier a nécessité une main d’œuvre considérable (en 1737, 800 à 900 hommes travaillaient sur le site).



Boucau et l'embouchure de l'Adour en 1778 (carte de Cassini)

 La Cale :

Construite en 1732 pour abriter les chaloupes des pilotes. Sans les pilotes pas de franchissement possible de l’Adour. Les pilotes possédaient des chaloupes équipées de huit hommes. Ils étaient commandés par le chef des Pilotes « Le Pilote Major ». Ce titre est resté dans la famille Sallenave jusqu’en 1901.


Autrefois la Cale s’étendait sur la place du Boucau (Place Sémard). C’est la construction du chemin de fer en 1854 qui obligea les autorités à combler la Cale et à la reconstruire à son emplacement actuel.


Maison de la Direction, Terminus :

Elle était située à l'emplacement actuel du Leader Price. 

C’est la résidence des directeurs des fortifications: Magdelon de Touros, directeur de 1727 à 1737 est le plus connu.
Le 4/10/1771 Bernard des Costes Deyrignac, est directeur des fortifications de la province de Guyenne et des Pyrénées depuis 1763, il est mort au Boucau, quartier de Tarnos, dans son hôtel de la Direction. Il a été enterré dans la nef de l’église de Tarnos.
Cet hôtel était la propriété des entrepreneurs des travaux qui le mettaient à la disposition des différents directeurs.
Dès 1730 c’est Paul Gauget qui est le premier entrepreneur. En 1745 François Morancy achète la charge, ainsi que les propriétés. En 1773 Jean Laborde est le nouveau propriétaire. La propriété reste dans la famille jusqu'en 1923 où les héritiers vendent à Mr et Mme MARCADE l’hôtel et le cinéma Terminus.


Si l’hôtel existe à cet emplacement depuis le milieu du 19ème siècle pour le cinéma c’est plus récent. Dès 1912 les premières séances de cinéma sont données en plein air à Boucau. Le 18 février 1914 c'est l'ouverture du cinéma Terminus.
Le 22/3/1931 c’est la projection des premiers films parlants. A cette époque il y a deux cinémas à Boucau ; Le Terminus et le Fémina. L’Apollo sera construit plus tard comme nous allons le voir.

Le monument aux morts :

En 1922 le monument aux morts a été construit à cet emplacement. Il sera déplacé dans les années 1950 à l’endroit actuel.

lundi 2 octobre 2017

Pourquoi a-t-on créé Boucau en 1857 (fin)

Le Préfet des Basses Pyrénées dans son arrêté du 18/9/1857 arrête :
Article 1er
A partir du trente septembre courant la nouvelle commune de Boucau relèvera de l’administration du département des Basses Pyrénées. En conséquence M le Sous-Préfet de l’arrondissement de Bayonne et M le Maire de Boucau prendrons ce même jour possession directe chacun pour ce qui le concerne, des services administratifs de la nouvelle commune, à l’exception pourtant des services de l’état civil et de la police dont M le Maire de Boucau est en possession depuis le 15 de ce mois
….
Article 3
Le Conseil Municipal de l’ancienne commune de Tarnos est et demeure dissout.

Les registres d’état civil sont en possession du nouveau Maire de Boucau depuis le 15/9/1857. Le 16 septembre à 10 heures du matin, est enregistré le premier décès qui survient au Petit Arey, il s’agit de Catherine Forcets âgée de 42 ans, fille de Etienne et de Catherine Bats, épouse de Jean Destribats qui est décédé à 1 heure du matin.
La première naissance est enregistrée le 30 septembre à dix heures du matin. Il s’agit de Joséphine Novion, née le 28/9 à 11 heures du soir, dans la maison Joanichon, fille de Jean Novion, boulanger et de Marthe Dicharry
La première union est célébrée le 5 octobre par Jean Baptiste Novion (adjoint). Il unit Michel Larroudé, natif de Saint Martin, mais vivant à Boucau et Cécile Tronca, née à Tarnos.

La première réunion du Conseil Municipal a lieu le 11 novembre 1857, a quatre heures de l’après-midi, elle a été prescrite par l’arrêté de Monsieur le Préfet en date du 3 novembre. Elle a pour but d’installer les membres de la commission municipale.
Ces membres sont en plus de Pierre Lacouture, Maire, Eugène Bourgeois, 46 ans pilote major, Pierre Castillon, 50 ans, meunier, Joseph Destremaut, 50 ans, laboureur, Jacques Dibos, 60 ans, laboureur, Charles Lalanne, 34 ans, meunier, Jean Baptiste Pambrun, 29 ans laboureur, Jean-Pierre Elysée Rives 71 ans, rentier.
Les membres de la commission acceptent leur charge et font la déclaration suivante :
« Je jure fidélité à la Constitution et fidélité à l’Empereur »

Voici les biographies succinctes des membres de la commission

Pierre Lacouture :
(Entrepreneur de Travaux Publics)
Il vient d’être nommé Maire de Boucau par le Préfet. Il est né à Tarnos le 31 décembre 1787, il est le fils de Jean Lacouture et de Marie Duboy.
Le 2 octobre 1810 il épouse à Tarnos Marie Lallemand.
Il est décédé au Boucau, maison Cantine le 5 septembre 1874. Monsieur Laborde lui succède comme maire.
Entrepreneur de travaux publics, il achète nombre de propriétés dans le quartier de Boucau : la Cantine, Moutic, Tirette et la propriété de Junca (dans laquelle seront construits tous les bâtiments communaux)
Il est élu municipal dès le 14/3/1822, sa carrière politique prendra fin avec son décès. En 1846 il est nommé maire de Tarnos, le 14/9/1857, maire de Boucau.

Eugène Bourgeois

(Pilote Major de la Barre de Bayonne)
Louis Eugène Napoléon Bourgeois est né à Tarnos le 2 novembre 1811. Il est le fils de Jean Bourgeois, pilote major de la Barre et de Henriette Eulalie Geindreau. Le 13 octobre 1839 il épouse à Tarnos Anne Gras. Il est décédé à Boucau le 12/4/1880.
Il sera le premier commandant du remorqueur à vapeur Adour n°1. Il sera ensuite Pilote Major au décès de son père en 1847.
Il est élu au CM de Tarnos en 1852.

Pierre Castillon
(Meunier)
Pierre Castillon est meunier au moulin d’Huréous. Il est né à Tarnos le 4 novembre 1806. Il est le fils de Pierre Castillon et de Marie Darrigues. Le 25 avril 1837, il épouse à Tarnos Françoise Labeylie. Il est mort à Boucau, moulin d’Hureous, le 29/11/1887.
Il est élu au CM en 1837, 1840, 1846, 1848, 1852, 1855. Il sera également élu en 1878 et en 1884.

Jacques Dibos
(Propriétaire cultivateur)
Jacques Dibos est laboureur. Il est né à Tarnos le 11/3/1796. Il est le fils de Dominique Dibos et de Marie Bouheben. Le 25 juin 1817 il épouse à Tarnos Catherine Laporte. Jacques Dibos est décédé le 9 décembre 1882, à l’âge de 86 ans, dans la maison Leporte.
Elu en 1846, réélu en 1848, 1852, 1855.

Charles Lalanne
(Meunier)
Charles Lalanne est le meunier d’Esbouc. Il est né le 15 juillet 1823 à Tarnos. Il est le fils de Salvat Lalanne et de Jeanne Darrieu. Il s’est marié avec Jeanne Marie Gassiot.
Il est décédé à Arsague où il possède des biens.
Elu en 1848, 1852 et 1855. Il sera élu en 1878.

Joseph Destremaut
(Propriétaire cultivateur)
Joseph Destremaut est né à Tarnos le 14 novembre 1807. Il est le fils de Jean Destremaut et de Marie Gassané. Il a épousé à Tarnos le 27 janvier 1837 Jeanne Campozet, de la ferme de Pachiou. Il est décédé dans sa maison de Lassus le 12 mars 1869.
Elu en 1852 et 1855.

Jean-Baptiste Pambrun
(Propriétaire cultivateur)
Jean-Baptiste Pambrun est né à Tarnos le 10 août 1828. Il est le fils de Bertrand Pambrun et de Marguerite Hirigoyen, l’héritière de la ferme Barroumes. Jean Baptiste Pambrun épouse à Tarnos le 27 novembre 1855 Marie Novion. Il est décédé à Boucau le 5 décembre 1892.
C’est le seul à ne pas être élu quand il est nommé en 1857.
Par la suite il sera élu en 1860, 1865, 1874, 1878, 1881, 1884, 1888 et 1892.

Jean-Pierre Rives
(Rentier)
Jean-Pierre Rives est né à Mazamet le 14 août 1786. Il est le fils de Jean Elysée Rives et de Marie Marthe Austry. Le 22 juin 1808, il épouse à Mazamet Charlotte Elisabeth Benoit, il n’y aura pas de descendance de cette union. Négociant, il exploite à Bayonne depuis les années 1820 une maison de commerce qui a des succursales à Paris et en Belgique. Il est décédé à Boucau le 17/4/1861.
Le 15 avril 1824 il achète à Tarnos, quartier du Boucau, à Jean Laurent Singher (pâtissier) une propriété connue sous le nom de Laclau, pour la somme de 12000 francs.
Le 9 avril 1841, il achète à Charles Daramy, la propriété de Grazincau d’une superficie de 10ha 13a 95 ca. Cette propriété jouxte celle de Laclau.
Le 3 juin 1841, il adopte Zélie Singher qui est l’épouse de Jean Antoine Numa Guilhou et la mère d’Ernest Guilhou.
Elu en 1852, 1855 et 1860

La nouvelle commune ne possède rien. Les réunions du Conseil Municipal se tiennent chez le Maire, maison Cantine. C’est lui qui détient également tous les documents administratifs. Il n’existe que l’école, située à Lahillade (La Gargale) avec un instituteur, Monsieur Destrac.
Il n’y a pas d’église, le culte va être célébré dans la chapelle privée de Monsieur Laborde (maison Bel Air) à partir du mois d’août 1858.

La commune nouvellement créée n’aura de cesse de réclamer un débouché maritime. Elle le fait une première fois en février 1866. Le Ministre de l’Intérieur conclut ainsi cette affaire en écrivant au Préfet des Landes.

« Vous me faites remarquer à cette occasion que la commune de Boucau n’était naguère qu’une section de la commune de Tarnos et que lorsque cette section fut enlevée à Tarnos pour passer dans le département des Basses-Pyrénées, on étudia avec soin la délimitation …
En conséquence il ne nous paraît pas nécessaire aujourd’hui de recommencer une étude qui a été aussi approfondie et dont le résultat serait un nouvel amaigrissement de la commune de Tarnos. »

En 1877 la commune de Boucau demande à nouveau son extension vers la mer. La réponse du ministre est laconique.

« J’ai décidé qu’il ne serait pas, quant à présent, nécessaire de donner suite à ce projet »

Les choses restent en l’état jusqu’en 1912, où il existe un projet de réunion de Tarnos aux BP.
En 1931, c’est la direction des Forges qui demande, pour des raisons de maintien de l’ordre à ce que le territoire de l’usine ainsi que des quartiers qui l’entourent soient réunis à la commune de Boucau. Le Préfet demande au commissaire spécial chargé de la sécurité à Bayonne de lui fournir une réponse sur l’opportunité du projet.

« …l’apport d’un contingent important d’électeurs communistes dans une circonscription déjà agitée par le centre de Boucau, mécontenterait les diverses personnalités politiques de l’arrondissement de Bayonne …
Il est de plus à craindre que les ressources budgétaires de Boucau augmentant, ne favorisent la propagande extrémiste par les divers secours à attribuer aux groupements communistes, secours refusés ou diminués jusqu’à ce jour par l’autorité préfectorale… »

Une dernière tentative a lieu en 1941, elle concerne les quartiers de la Cité des Forges, de l’avenue Jean Jaurès et de la rue de Lille. La municipalité de Tarnos n’est pas d’accord, et elle propose le rattachement entier de Tarnos aux BP.

Un événement va sortir Boucau de sa léthargie et insuffler un nouveau souffle à la ville, l’arrivée des Forges de l’Adour en 1881. Mais ceci est une autre histoire.

Jean-Pierre CAZAUX

Vendredi 15 septembre 2017

Pourquoi a-t-on créé Boucau (suite)

Avis du Conseil Général des Landes

Le Conseil Général des Landes est amené à donner son avis dans sa séance du 28 avril 1856.
Le Président Charles Corta  (il sera Président du Conseil Général des Landes de 1853 à 1860)


Charles CORTA

réunit une commission composée des membres suivants : Jean-Marie Darracq, avocat, conseiller général du canton de Dax (1852-1860) ; Alexandre Devert, notaire, conseiller général du canton de Saint Vincent de Tyrosse (1836-1870) ; Louis Alexandre baron de Behr, rentier, conseiller général de Montfort en Chalosse (1852-1876) ; Augustin Darricau, avocat, conseiller général du canton de Soustons (1852-1882) ; Charles Docteur, rentier, maire de St Esprit (1848-1852), conseiller général du canton de Saint-Esprit (1842-1857) et Henri Jumel, avoué, conseiller général du canton d’Arjuzanx (1855-1870).
Les arguments de Bayonne qui sont principalement d’ordre judiciaire, les actions de police de Bayonne doivent s’étendre à Saint Esprit et d’ordre militaire la Citadelle est à Saint Esprit alors que l’autorité militaire est à Bayonne, sont balayés.
Du point de vue judiciaire un décret du mois de juillet 1855 ayant étendu la juridiction du commissaire de police de Bayonne au canton de Saint Esprit
Du point de vue militaire la ville de Saint Esprit appartient à la même subdivision militaire que Bayonne.
Le Conseil Général creuse un peu plus et découvre les véritables raisons de cette demande de rattachement et de réunion.
Il s’agit du chemin de fer
« C’est en effet depuis l’établissement de la gare de cette ville que le projet a pris naissance.
Lorsqu’on c’est aperçu que la Compagnie du Midi, par suite du défaut d’espace et pour satisfaire les convenances des caboteurs, établirait au Boucau le principal lieu d’entrepôt des marchandises, on s’est empressé d’ajouter à la demande primitive cette lisière à prendre dans la commune de Tarnos et qui comprend aussi la gare de Boucau susceptible d’acquérir une importance qu’on n’avait pas imaginé d’abord.
Les gares de Boucau et de Saint Esprit sont, aux yeux de tous, le principal et seul objet, peut-être d’une convoitise qu’on n’avait pas, mais qu’on fait naitre et entretenir les journaux de Bayonne. »

La conclusion du rapporteur du Conseil général, qui est bien sûr contre le projet
« Je ne m’explique pas autant que par le désir de posséder la gare de Boucau, la prétention de s’emparer des deux quartiers dont il s’agit. Que ferait-on d’ailleurs de ce territoire ? Une commune ? Mais pourquoi démembrer une belle communauté qui a tout ce qui est nécessaire à son administration pour en former une autre de 1400 habitants, sans église, sans édifice communaux, sans revenus ? »

Le vote de la loi

Malgré tous ces avis défavorables, la décision reste au Corps Législatif, il s’agit de notre Chambre des Députés. Mais il n’a pas beaucoup de pouvoirs. Son président est nommé par l’Empereur, seul l’Empereur peut la dissoudre, il le fait d’ailleurs en 1857. L’Assemblée discute et vote les projets de loi, c’est l’Empereur qui a l’initiative des Lois et les promulgue.
Un détail : la tribune a été supprimée, ainsi les députés parlent depuis leurs sièges. Les ministres ne sont pas responsables devant le corps législatif, qui ne les choisit pas et dont ils ne sont pas membres.
La session de 1857 commence le 16 février pour se terminer le 28 mai. Le corps législatif sera ensuite dissout et il y a des élections législatives les 21 et 22 juin.

Les deux députés des Landes sont François de Marrast, né à Bayonne en 1799, mort à St Sever en 1880. C’est un ardent défenseur de l’Empire qui reste député jusqu’en 1863, son successeur est Louis Adhémar de Guilloutet.
L’autre député est Charles Eustache Corta (qui est Président du Conseil Général on vient d’en parler). Il est né à Bayonne, avocat au barreau de Dax, il est nommé Sous-Préfet de cette ville en 1842. Il adhère au parti bonapartiste et rentre au Conseil Général. Il est élu député des Landes le 29/2/1852. Chargé d’une mission au Mexique par Napoléon III en 1863, il est nommé à son retour sénateur. Il meurt à Angoumé le 14/6/1870.

Le 20/4/1857 la commission chargée de la réunion de Saint Esprit à Bayonne et de la création de la commune de Boucau, est constituée. Elle comprend en plus des deux députés Landais, Raymond-Henri Noubel député du Lot et Garonne, (1852-1870) ; Justin Durand député des Pyrénées Orientales, (1852-1870) ; Charles Henri Roulleaux-Dugage, député de l’Hérault, (1852-1870) ; Pierre dit Paul-Auguste Roques-Salvaza député de l’Aude (1852-1870) et Jacques Edouard Reveil, maire de Lyon et député du Rhône (1852-1863).
Le président de la commission est M Réveil et son secrétaire est M Noubel, le rapporteur est Charles Henri Roulleaux-Dugage. La commission va se réunir plusieurs fois : les 20, 24, 25, 30 avril  et le 4 mai 1857.
Le Corps Législatif sous la présidence d’Eugène Schneider (industriel et fondateur de la dynastie Schneider 1805-1876) se réunit pour délibérer dans sa séance du 9 mai 1857

Charles Corta intervient pour contester le projet qui selon lui
-                     Dépouille le plus pauvre pour favoriser le plus riche
-                     Retranche au département sa ville la plus importante et la moitié d’une commune qui a aussi une certaine importance
-                     Supprime une ligne séparatrice naturelle : le fleuve pour la remplacer par une ligne tracée au milieu des terres
-                     Enlève au département des Landes deux gares de chemin de fer
-                     Retire au département la moitié du port de mer et le port de terre en entier
-                     Il termine en disant de quelle manière il lui semble que l’on aurait pu créer un département nouveau, si la nécessité d’un remaniement territorial avait été reconnue, et il dit que ce département aurait dû avoir Bayonne pour chef lieu.

Charles Henri Roulleaux-Dugage rapporteur intervient à son tour


Charles Henri Roulleaux-Dugage

-                     La commission a consacré à l’étude de ce projet 5 ou 6 séances et les deux députés                   des Landes, qui étaient au nombre de ses membres, ont disputé le terrain pied à pied.
-                     La ville de Bayonne et celle de Saint Esprit sont une seule et même ville partagée par   l’Adour.
-                     Le port de Bayonne comprend les deux rives de l’Adour, les Chantiers, les magasins  de cette ville, sont pour la plupart dans la ville de Saint esprit. La commune de Saint   Esprit ne peut que gagner à être dans celle de Bayonne.
-                  Le rapporteur s’attache à prouver que la commune de Tarnos ne sera pas lésée davantage par suite de la création de la ville de Boucau, qui aura pour résultat de mettre les deux rives de l’Adour dans la même circonscription territoriale et administrative.
Le rapporteur donne un avis favorable à la loi.

Le corps législatif adopte par assis et levé les quatre articles dont se compose le projet de loi.

L’ensemble du projet est ensuite adopté au scrutin, à la majorité de 22 suffrages contre 7 sur 229 votants.


(à suivre)

ELISA LASSALLE

ELISA LASSALLE Elisa Lassalle, est née Marie Toulet à Saint Paul les Dax le 27/10/1890. Elle est la fille de Jean et de Marie Ducasse. Elle ...